Publié le 15 mars 2024

Contrairement à une idée reçue tenace, la meilleure chaussure pour La Réunion n’est pas imperméable, mais ultra-respirante et conçue pour évacuer l’eau.

  • Les membranes imper-respirantes comme le Gore-Tex créent un « effet piscine » en cas de forte pluie ou de passage de gué, favorisant les ampoules et la macération.
  • Le terrain volcanique de l’île, extrêmement abrasif, détruit les semelles classiques et exige des matériaux spécifiques pour durer.

Recommandation : Optez pour des chaussures de trail ou de randonnée légère en mesh (tissu aéré) qui privilégient un drainage actif et un séchage rapide, plutôt qu’une vaine quête d’imperméabilité.

Vous préparez votre grand trek à La Réunion, le GR R2 peut-être. Dans votre checklist d’équipement, un poste trône en majesté : les chaussures. L’investissement est conséquent, alors le réflexe est simple et semble logique : choisir le meilleur. Pour beaucoup, « le meilleur » rime avec « imperméable », une forteresse pour le pied, souvent parée d’une membrane Gore-Tex, promesse de pieds au sec quoi qu’il arrive. C’est un conseil que vous entendrez pour les Alpes, les Pyrénées, mais pour le climat tropical de La Réunion, c’est une erreur qui peut transformer une randonnée de rêve en calvaire.

L’île intense ne pardonne pas les approximations. Ici, la pluie n’est pas un crachin breton, c’est une douche tropicale qui peut saturer n’importe quelle protection. Les sentiers ne sont pas de la terre battue, mais souvent des roches volcaniques aussi tranchantes que du papier de verre, ou des passages de gués inévitables. Alors, et si cette forteresse imperméable était en réalité votre pire ennemie ? Si le secret n’était pas d’empêcher l’eau d’entrer à tout prix, mais de lui permettre de sortir le plus vite possible ? C’est tout le paradoxe de l’équipement en milieu tropical.

Cet article n’est pas un catalogue de produits. C’est le partage de l’expertise de terrain d’un spécialiste de la randonnée tropicale. Nous allons déconstruire ce mythe de l’imperméabilité et vous donner les clés pour faire les bons choix, non seulement pour vos pieds, mais pour tout votre équipement, de la protection contre la pluie à la puissance de votre lampe frontale. Car à La Réunion, c’est l’adaptation et l’intelligence de l’équipement qui font la différence, pas son prix ou sa fiche technique « alpine ».

Pour vous guider dans les spécificités de l’équipement réunionnais, nous aborderons les points essentiels qui feront le succès de votre aventure. Cet article est structuré pour répondre aux questions concrètes que tout randonneur se pose avant de s’attaquer aux sentiers de l’île intense.

Pourquoi vos semelles s’usent-elles 2 fois plus vite sur la lave ?

Si vous pensez utiliser vos chaussures de randonnée habituelles à La Réunion, préparez-vous à une mauvaise surprise. Le terrain de l’île est un véritable destructeur de semelles, en particulier sur les sentiers tracés sur des coulées de lave récentes, comme celles du Piton de la Fournaise. La roche volcanique, notamment le basalte, est d’une abrasivité extrême. Elle agit littéralement comme du papier de verre à gros grain. Là où une bonne paire de chaussures tiendrait 800 à 1000 km en métropole, certains sols volcaniques comme ceux du Piton de la Fournaise peuvent user une paire de chaussures après seulement 200 km de marche intensive.

Les experts et guides locaux sont unanimes : l’usure est spectaculaire. Les roches jeunes, anguleuses et pleines de micro-cristaux, n’ont rien à voir avec le granite poli et érodé des Alpes. Un guide témoigne même retrouver régulièrement des morceaux de semelles arrachés sur les sentiers du volcan. Ce phénomène est accentué par la chaleur tropicale qui peut ramollir certaines gommes et fragiliser les colles, provoquant des décollements prématurés. Il est donc crucial de choisir des chaussures avec des semelles réputées pour leur durabilité et leur grip sur roche humide, comme les mélanges Vibram Megagrip ou Pomoca, souvent plus efficaces que les semelles standards.

Le choix de la chaussure ne doit donc pas seulement se baser sur le confort, mais sur une adéquation matérielle avec ce terrain unique. Une semelle trop tendre sera dévorée en quelques jours, compromettant votre adhérence et votre sécurité. Investir dans une semelle adaptée, c’est la première assurance-vie du randonneur à La Réunion.

Comment alléger votre sac de 2kg sans sacrifier la sécurité ?

Sur les sentiers réunionnais, avec leur dénivelé positif et négatif incessant, chaque gramme compte. Un sac trop lourd transforme rapidement le plaisir en supplice, augmente la fatigue et le risque de blessures. Pourtant, il est possible de gagner plusieurs kilos sans faire de compromis sur la sécurité, simplement en adoptant une approche plus maligne et adaptée aux spécificités locales. L’objectif n’est pas le minimalisme extrême, mais l’optimisation intelligente. Le poids du sac varie évidemment selon votre niveau et la durée du trek, mais viser la fourchette basse de ces estimations est un gage de confort.

Poids du sac à dos indicatif pour une randonnée à La Réunion
Durée du trek Randonneur débutant Randonneur confirmé Traileur expérimenté
Journée (8h) 5-7 kg 4-5 kg 3-4 kg
2-3 jours 10-12 kg 8-10 kg 6-8 kg
Trek GR R2 (11 jours) 13-15 kg 10-12 kg 8-10 kg

Alors, comment atteindre ces poids cibles ? En repensant trois postes majeurs : l’eau, la nourriture et le couchage. Voici quelques stratégies éprouvées sur le terrain :

  • Gestion de l’eau : Inutile de porter 3 ou 4 litres. Une poche à eau de 1.5L ou 2L, complétée par un filtre à eau léger (type Katadyn BeFree ou Sawyer Squeeze), suffit. L’île regorge de sources et de points d’eau (à vérifier avant le départ). C’est facilement 1.5 kg d’économisé.
  • Ravitaillement : Le cirque de Mafate, bien qu’isolé, dispose de plusieurs « boutiques » dans les îlets principaux (La Nouvelle, Marla, Aurère). Planifiez votre trek pour vous y ravitailler en nourriture tous les 2-3 jours et évitez de porter une semaine de vivres.
  • Couchage optimisé : Les nuits en gîte sont confortables et des couvertures sont fournies. Un simple « sac à viande » en soie (150g) est suffisant. Laissez le sac de couchage de 1.5 kg à la maison. C’est près de 1 kg de gagné. Pour le bivouac, un ensemble hamac ultraléger et tarp (autour de 600g) est plus léger et souvent plus adapté qu’une tente.
  • Pharmacie ciblée : Concentrez-vous sur les essentiels locaux : une grande quantité de pansements pour ampoules (Compeed), un désinfectant, des anti-inflammatoires pour les genoux et du strapping.

Poncho ou veste technique : lequel résiste vraiment à une averse tropicale ?

C’est ici que le mythe de l’imperméabilité s’effondre. Vous avez votre belle veste Gore-Tex Pro à 500€, vous êtes paré ? Non, vous êtes sur le point de cuire à l’étouffée. Le problème des membranes imper-respirantes en climat tropical est double : une humidité extérieure extrême et une transpiration intérieure intense. Comme le souligne un expert local :

La membrane Gore-Tex, même de qualité, ne peut pas respirer efficacement avec le taux d’humidité ambiant extrême de La Réunion. On ‘cuit’ littéralement de l’intérieur par saturation du traitement déperlant.

– Guide BMR Trek Réunion, Blog BMR Trek

Lorsque le taux d’humidité de l’air avoisine les 90-100%, comme c’est souvent le cas dans les forêts de Bélouve ou de Bébour, l’échange gazeux que promet la membrane ne peut plus se faire. La transpiration reste piégée, mouillant vos vêtements de l’intérieur. Si une averse intense survient, l’eau finit par s’infiltrer par le col ou les poignets. Vous vous retrouvez alors trempé de l’intérieur (sueur) et de l’extérieur (pluie), dans une veste qui ne sèche pas : l’effet « cocotte-minute » est garanti.

La solution adoptée par tous les guides et habitués de l’île est un système hybride, beaucoup plus polyvalent et moins coûteux. Il se compose de deux éléments :

  1. Une veste coupe-vent légère et déperlante : Idéale pour les départs matinaux frisquets sur les crêtes (Maïdo, Piton des Neiges) où le vent peut être glacial, ou pour se protéger d’un léger crachin. Elle est très respirante et sèche vite.
  2. Un poncho simple et ample : Dès que la vraie pluie tropicale arrive, vous le sortez et le mettez par-dessus vous ET votre sac à dos. Sa grande ampleur crée une ventilation naturelle par le bas, évitant la condensation. Il protège intégralement votre équipement et sèche en un clin d’œil une fois l’averse passée.

Ce duo offre une modularité parfaite pour faire face aux changements météo brutaux et aux microclimats de l’île, du froid venteux des sommets à la chaleur humide des cirques.

Randonneur portant un poncho sous une averse tropicale dans la forêt de Bélouve à La Réunion

En somme, laissez votre veste high-tech à la maison et adoptez cette solution simple, économique et infiniment plus efficace. Vous resterez plus confortable et votre équipement sera mieux protégé.

L’erreur de porter des chaussettes neuves pour le Piton des Neiges

On en revient à la gestion de l’humidité, le véritable enjeu de la randonnée tropicale. Vous avez choisi des chaussures drainantes, c’est parfait. Mais si vous les associez à des chaussettes en coton ou à des chaussettes de randonnée neuves, vous anéantissez tous vos efforts. Les pieds sont le moteur du randonneur, et les ampoules sont la panne la plus fréquente et la plus handicapante. L’erreur classique est de garder « pour le grand jour » cette paire de chaussettes techniques flambant neuve. C’est le meilleur moyen de découvrir un point de friction douloureux après 1000m de dénivelé.

Le choix des chaussettes et leur préparation sont aussi importants que le choix des chaussures. Oubliez le coton qui absorbe l’humidité comme une éponge et ne sèche jamais. Privilégiez des matières techniques comme la laine mérinos (qui isole même mouillée) ou des synthétiques de qualité. Des études montrent que l’utilisation de chaussettes techniques en laine mérinos ou synthétiques permettent jusqu’à 70% de réduction du risque d’ampoules par rapport au coton. Elles évacuent la transpiration et sèchent bien plus vite.

Mais cela ne suffit pas. Une préparation méticuleuse de vos pieds avant et pendant le trek est la clé pour éviter les souffrances. Voici un protocole simple et éprouvé par les trekkeurs au long cours.

Votre plan d’action pour des pieds sans ampoules

  1. « Casser » les chaussettes : Portez vos chaussettes techniques sur 2 ou 3 sorties courtes et lavez-les plusieurs fois pour assouplir les fibres et révéler d’éventuels points de friction.
  2. Prévention des frottements : Appliquez généreusement une crème anti-frottements (type Nok d’Akiléïne) chaque matin sur l’ensemble du pied, en insistant sur les zones sensibles.
  3. Technique de la double chaussette : Pour les pieds très sensibles, utilisez une fine sous-chaussette (« liner ») contre la peau et votre chaussette de rando par-dessus. Le frottement se fera entre les deux chaussettes plutôt que sur votre peau.
  4. Rotation et séchage : Prévoyez au minimum 3 paires de chaussettes pour votre trek. Chaque soir, lavez la paire du jour et faites-la sécher sur votre sac le lendemain. Ne jamais repartir avec des chaussettes humides.
  5. Soin du soir : Chaque soir en gîte, saupoudrez l’intérieur de vos chaussures sèches avec une poudre asséchante pour absorber l’humidité résiduelle.

Cette discipline quotidienne est le meilleur investissement temps/résultat que vous puissiez faire pour garantir le succès de votre aventure. Un pied heureux est un randonneur qui va au bout.

Lampe frontale : pourquoi 400 lumens sont le minimum pour marcher de nuit ?

Marcher de nuit à La Réunion n’est pas une option, c’est une quasi-obligation pour quiconque veut admirer un lever de soleil depuis le Piton des Neiges ou traverser l’enclos du volcan avant les grosses chaleurs. Or, la nuit dans les cirques ou en altitude est d’une noirceur absolue. Sans aucune pollution lumineuse, une lampe frontale bas de gamme transforme votre progression en un exercice périlleux. Sous–estimer la puissance nécessaire est une erreur de sécurité majeure.

Les départs se faisant souvent en file indienne, une lampe de faible puissance (100-200 lumens) vous condamne à ne voir que les pieds de la personne qui vous précède, sans pouvoir anticiper les racines, les marches inégales ou les roches glissantes typiques des sentiers locaux. Des traileurs ayant réalisé le GR R2 témoignent avoir utilisé des lampes de 900 lumens pour maintenir un rythme soutenu et sécuritaire lors des départs nocturnes. Pour un randonneur, une puissance de 400 lumens est un minimum absolu pour avoir une vision claire et large du sentier et de ses pièges.

Faisceau lumineux d'une lampe frontale éclairant un sentier de montagne rocheux dans l'obscurité totale

La puissance n’est pas le seul critère. L’autonomie et le type de faisceau sont tout aussi importants. Une bonne lampe doit pouvoir tenir 4 à 5 heures à moyenne puissance. Les modèles avec technologie « Reactive Lighting » qui adaptent la puissance à la distance regardée sont un plus pour économiser la batterie. Le choix de la puissance dépendra de la situation spécifique de votre randonnée.

Puissance lumineuse recommandée selon les situations à La Réunion
Situation Lumens minimum Autonomie nécessaire Particularités
Sentier forestier (ex: Bélouve) 200-300 3-4h Canopée dense, humidité forte
Départ Piton des Neiges 400-500 4-5h Dénivelé, file de marcheurs, terrain technique
Traversée enclos Fournaise 600+ 6h Terrain lunaire, aucun repère, besoin de voir loin
Nuit dans le cirque de Mafate 400 3-4h Sentiers techniques, absence totale de pollution lumineuse

N’oubliez pas un jeu de piles de rechange ou une batterie externe. Se retrouver sans lumière au milieu de la nuit à La Réunion n’est pas une option envisageable.

Comment préparer vos genoux aux 1000m de dénivelé négatif quotidien ?

La Réunion est une montagne dans la mer. Les dénivelés sont brutaux et quotidiens. Si la montée fait travailler le cardio, la descente, elle, martyrise les articulations, en particulier les genoux. Enchaîner chaque jour 1000, voire 1500 mètres de dénivelé négatif sur des sentiers techniques est un choc auquel peu de corps sont habitués. Partir sans une préparation physique ciblée, c’est prendre le risque de devoir abandonner à mi-parcours, la douleur devenant insupportable. Heureusement, une bonne préparation et une bonne technique peuvent tout changer.

L’outil indispensable pour soulager vos genoux est la paire de bâtons de randonnée. Ne les voyez pas comme un accessoire de « vieux », mais comme une extension intelligente de votre corps. Bien utilisés, ils permettent de transférer une partie de la charge du bas du corps vers le haut du corps. Des études ont montré que l’utilisation correcte de bâtons de randonnée permet de transférer jusqu’à 30% du poids sur les bras, soulageant d’autant les genoux, les chevilles et les hanches. En descente, réglez-les 5 à 10 cm plus longs qu’en montée pour pouvoir les planter loin devant et vous « retenir », amortissant ainsi chaque pas.

En complément, un programme de renforcement musculaire spécifique, débuté au moins 4 à 6 semaines avant votre départ, fera une différence énorme. L’objectif est de muscler les quadriceps et les ischio-jambiers qui agissent comme des amortisseurs naturels pour le genou.

  • 4 semaines avant : Commencez avec des exercices de base comme la chaise contre un mur (3 séries de 30s), les fentes avant (3×10 par jambe) et les squats classiques (3×15).
  • 3 semaines avant : Augmentez l’intensité. Passez à 3x45s pour la chaise, ajoutez une légère charge (haltères, pack d’eau) pour les fentes (3×15) et introduisez des squats sautés (3×10) pour travailler l’explosivité.
  • 2 semaines avant : Visez 3x60s pour la chaise. Travaillez en excentrique avec des fentes en descendant une marche d’escalier et introduisez des squats sur une jambe (3×8 par côté) pour la stabilité.
  • Sur le terrain : Adoptez la « technique de la descente en Z ». Utilisez toute la largeur du sentier pour faire de petits lacets. Cela diminue l’angle d’attaque de vos genoux et réduit considérablement les impacts.

L’erreur de partir en short au Maïdo à 5h du matin

Le concept de microclimat n’est nulle part aussi tangible qu’à La Réunion. En l’espace de quelques heures et de quelques centaines de mètres de dénivelé, vous pouvez passer d’un froid glacial à une chaleur étouffante. L’erreur la plus commune, commise par de nombreux touristes non avertis, est de s’habiller pour la destination finale et non pour le point de départ. Partir en short et t-shirt à 5h du matin du parking du Maïdo (2200m) pour voir le lever de soleil sur Mafate est le meilleur moyen de subir une hypothermie avant même que le spectacle ne commence.

Il faut intégrer une donnée fondamentale : l’altitude et l’heure matinale créent des conditions quasi-alpines. Il n’est pas rare qu’au lever du soleil, les températures au Maïdo et au Pas de Bellecombe oscillent entre 0°C et 5°C, avec un vent (« windchill ») qui peut faire chuter la température ressentie de 5 à 10 degrés supplémentaires. Un randonneur témoigne du contraste saisissant : un départ glacial nécessitant pantalon, polaire et bonnet, puis une chaleur écrasante trois heures plus tard en arrivant à la brèche de Mafate, où le thermomètre affiche déjà 25°C.

La seule stratégie gagnante est le système des trois couches, ou « technique de l’oignon ». Elle permet une modularité maximale pour s’adapter en temps réel aux variations de température :

  1. Couche de base : Un sous-vêtement technique (type mérinos ou synthétique) qui évacue la transpiration.
  2. Couche intermédiaire : Une polaire légère qui isole et conserve la chaleur corporelle.
  3. Couche extérieure : Un coupe-vent (pour les crêtes) ou une protection de pluie (poncho), qui protège des éléments extérieurs.

Le vêtement roi de la randonnée réunionnaise est sans conteste le pantalon convertible. Il vous permet de partir en pantalon le matin au frais, et de le transformer en short en quelques secondes dès que le soleil tape. C’est l’incarnation même de la polyvalence nécessaire sur les sentiers de l’île.

À retenir

  • Privilégiez toujours des chaussures drainantes et respirantes (mesh) à des chaussures imperméables (Gore-Tex) pour gérer l’humidité tropicale.
  • Le terrain volcanique exige des semelles robustes et une préparation physique sérieuse pour les genoux, surtout en descente.
  • La polyvalence est reine : le duo coupe-vent/poncho et le système de couches sont plus efficaces qu’une seule veste technique coûteuse.

GR R1 ou R2 : lequel choisir pour une première traversée de 12 jours en autonomie ?

Le choix de l’itinéraire est la touche finale de votre préparation, la concrétisation de tous vos efforts. La Réunion offre trois sentiers de Grande Randonnée, mais les deux plus emblématiques sont le GR R1 (Tour du Piton des Neiges) et le GR R2 (La grande traversée de l’île). Pour une première expérience de trek sur l’île, le choix entre ces deux parcours est crucial et dépend de vos attentes, de votre niveau physique et du temps dont vous disposez. Ils ne sont pas simplement une version courte et longue l’un de l’autre ; leur caractère est profondément différent.

Le GR R2 est le plus célèbre, traversant l’île du nord au sud (ou inversement) en passant par les trois cirques et le volcan. C’est l’aventure ultime, mais aussi la plus exigeante. Le GR R1, quant à lui, se concentre sur les cirques en faisant une boucle autour du plus haut sommet de l’île. Comme le résume une professionnelle du tourisme local :

Le R2 n’est pas seulement ‘plus dur’, il est plus technique et sauvage avec des sentiers cassants et moins de ravitaillement. Le R1 est plus ‘roulant’ mais avec un dénivelé cumulé tout aussi important, idéal pour une première expérience des cirques.

– Jessica, directrice agence Horizon Réunion, Guide pratique GR Réunion

Pour vous aider à prendre votre décision, voici une comparaison directe des deux itinéraires, en gardant à l’esprit une première expérience de traversée sur une dizaine de jours.

Comparaison détaillée GR R1 vs GR R2 pour une première expérience
Critère GR R1 (Tour du Piton des Neiges) GR R2 (Traversée de La Réunion)
Distance totale ~60 km ~130-160 km
Durée conseillée 4-6 jours 10-14 jours
Dénivelé cumulé ~4200m D+ ~8000-10000m D+
Ravitaillement Facile (proximité Hell-Bourg, Cilaos) Limité et stratégique (section Volcan-Cilaos isolée)
Points forts Immersion dans les 3 cirques, culture créole Variété des paysages (volcan inclus), défi physique
Difficulté technique Modérée, sentiers plus aménagés Élevée, passages techniques, échelles, sentiers cassants
Logistique Boucle, retour facile au point de départ Traversée, nécessite une navette pour le retour

Pour une première traversée d’une douzaine de jours, le GR R2 est un défi magnifique mais très ambitieux. Le GR R1, réalisable en 5-6 jours, peut être une meilleure option, éventuellement complété par des boucles à la journée pour explorer davantage chaque cirque, offrant une expérience plus culturelle et moins axée sur la performance pure. Le choix vous appartient, mais une évaluation honnête de votre préparation physique et mentale est indispensable.

Quelle que soit votre décision, une préparation minutieuse de votre itinéraire, de votre équipement et de votre condition physique est la seule garantie pour vivre une expérience inoubliable sur les sentiers de l’île intense. Évaluez dès maintenant la solution la plus adaptée à votre niveau et à vos envies pour construire votre propre aventure.

Rédigé par Mickaël Grondin, Guide de Haute Montagne diplômé d'État et spécialiste du trail à La Réunion. 15 ans d'expérience dans l'accompagnement de randonneurs sur les sentiers techniques et volcaniques de l'île. Finisher de la Diagonale des Fous.